La Prime et la Tenaille  ·  La fissure dans le récit  ·  English version

La fissure dans le récit : du volume sans valeur proportionnelle

Du volume sans valeur proportionnelle : la prime se concentre sur une frange premium.

6 042 mots · 25 min34 notesCédric Dallemagne
entrée d'un palace parisien et voiture de sport à l'arrêt
Photo par Dhenry disponible sur Pexels.com

L'essentiel

  • La concentration de valeur sur la frange premium n'est pas un travers du marché français, c'est la mécanique globale du luxe.
  • Premièrement, la prime française est défendable tant qu'elle capte une part de la croissance mondiale du luxe et de l'expérience — ce qui suppose un parc en mesure de la délivrer.
  • La fissure du récit n'est pas une singularité française — elle est la version française d'un partage global entre une frange capable de monétiser l'expérience et une masse exposée au seul volume.

2.1 — Le décalage volume / valeur, posé proprement

La Section 1 a établi la prime : première destination mondiale, recettes record. La fissure apparaît dès qu'on rapporte ces recettes au volume.

La France encaisse 77,5 Md€ de recettes touristiques internationales en 2025. L'Espagne, avec 96,8 millions de touristes (même définition que les 102 millions de touristes accueillis par la France : des non-résidents ayant passé au moins une nuit), en encaisse 105,2 Md€ sur la base du poste « Voyages » de la balance des paiements.¹⁰ L'écart se lit recettes contre recettes : −26 % pour la France.ᵃ La France accueille davantage de touristes et encaisse moins par touriste. L'écart porte sur une année, et sa lecture par touriste dépend aussi des conventions de comptage propres à chaque pays.

Ce retard de niveau ne dit pas que la France perde la bataille de la valeur. En tendance, elle la gagne, mais par le haut. La recette moyenne par touriste international atteint 760 € en 2025, en hausse de 7 %, quand l'inflation moyenne n'est que de 0,9 %¹¹ : la valeur captée par touriste progresse plus vite que les prix à la consommation.¹² Cette progression se concentre sur les clientèles (Section 2.2) et les segments les plus solvables. En 2025, le revenu par chambre disponible progresse de 5 % à Paris intra-muros¹³ et de 5,4 % dans le haut de gamme, quand il ne progresse que de 1,1 % dans le milieu de gamme (qui se redresse en 2026) et recule dans l'économique (−1,9 %) et le super-économique (−2,2 %).¹¹ La France gagne donc en valeur sur sa frange premium ; c'est le reste du parc, fragilisé, qui ne suit pas, et qui ralentit l'ensemble. En 2026, la hausse en valeur se poursuit au premier semestre : 40 Md€ de recettes sont encaissés à fin juin, en hausse de 7 %. La prévision de 80 Md€ sur l'année, rapportée aux 77,5 Md€ de 2025, suppose en revanche un second semestre quasi plat.¹²

Le revenu hôtelier agrégé en porte la trace. Sur l'exercice 2025, il ne progresse en France que de 1,4 %, et par le remplissage plutôt que par le prix.¹¹ En 2026, ce revenu accélère, mais moins que chez les comparables directs de la France : en cumul à fin avril, il progresse de 2,9 %, au rythme de la moyenne européenne, contre +6,7 % pour l'Espagne et +17,8 % pour l'Italie ; à fin juillet, l'écart demeure (+3,0 %, contre +6,1 % et +8,5 %).¹⁴ Une part de cet écart tient à la composition de l'offre : la surperformance espagnole se concentre sur les destinations balnéaires et la clientèle internationale (exemples : les complexes hôteliers des Canaries, des Baléares et de la Costa del Sol progressent plus vite que les marchés urbains). Une autre tient au calendrier des grands événements, qu'il faut lire avec la même grille en Italie et en France : un grand événement sportif dope le revenu par chambre le temps de l'événement, sans garantir ni le volume ni la durée de l'effet. Selon MKG, le revenu par chambre italien bondit de 53 % sur le seul mois de février 2026, porté par les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina.¹⁵ En Île-de-France, les Jeux de 2024 ont pesé sur les volumes (voir ci-dessous) et laissé une base de comparaison exigeante : en 2025, le revenu par chambre recule hors de Paris (−8,6 %), ce que l'Observatoire attribue à la normalisation des prix et à une concurrence plus vive après les ouvertures de 2024.¹¹ Pour autant, ces facteurs n'effacent pas le fond du constat. Là où l'Espagne réinvestit dans la qualité de son produit pour soutenir ses prix, la valeur captée en France se loge d'abord dans une frange premium étroite ; le milieu de gamme suit le marché sans le tirer, et ce sont l'économique et le super-économique qui décrochent — et c'est bien ce déséquilibre de composition, plus que le niveau agrégé d'une année donnée, qui signe la fragilité du modèle.

Le marché américain, enfin, ajoute une dimension que le revenu par chambre ne donne pas : le poids relatif de la France sur son marché source. En 2025, la France tient en volume : ses arrivées américaines progressent de 10 %, quand les voyages américains vers l'Europe progressent de 5,0 %.¹⁶ Sur la période 2022-2024, elle perdait pourtant du terrain. Hors Mexique et Canada, c'est-à-dire sur le voyage lointain, celui qui dort à l'hôtel et qui dépense, les voyages des résidents américains progressent de 41 % entre 2022 (année de reprise encore partielle du long-courrier) et 2024. Sur la même période, leurs visites en France ne progressent que de 32 %, soit une progression plus faible que celle du marché et une perte de part relative pour la destination France. Et elle se retrouve au coude à coude avec l'Italie pour le deuxième rang des destinations lointaines des Américains, derrière le Royaume-Uni, à un dixième de million près.¹⁷ La conclusion converge : la France encaisse toujours moins par visiteur que l'Espagne, mais elle ne perd ni visiteurs ni valeur ; elle a perdu du terrain en croissance entre 2022 et 2024 face aux destinations qui lui sont directement comparables, d'autant que sa progression en valeur reste concentrée sur une frange étroite du parc et de la clientèle — et cela malgré des chiffres consolidés en progression, et toujours très enviables à l'échelle mondiale.

Or, et c'est le cœur du sujet, cette montée de la valeur par visiteur ne se diffuse pas dans le parc. La stratégie centrée historiquement sur les flux montre ses limites. Dominique Marcel, président de l'Alliance France Tourisme, le formule sans détour : ce qui compte n'est pas le nombre de touristes mais leur niveau de dépense. Au classement de développement touristique du Forum économique mondial, la France n'est que cinquième en 2026, derrière le Japon, les États-Unis, l'Espagne et l'Australie ; elle était quatrième en 2024.¹⁸ Ce diagnostic (passer du volume à la valeur) est aujourd'hui partagé au sommet de la filière. Ce que ce document ajoute n'est pas ce constat macroéconomique, mais sa traduction au niveau de l'actif : pour le cœur de parc indépendant, et d'abord pour sa partie basse (non classés et, dans une moindre mesure, 1-2 étoiles), notre hypothèse est que le modèle de flux a atteint son plafond de rendement.

L'année 2024 illustre ce risque de lecture par un cas d'école. L'année des Jeux olympiques et paralympiques, l'Île-de-France accueille un nombre record de touristes internationaux (22,6 millions), portés selon Choose Paris Region par la reprise du transport aérien et l'attrait des Jeux ; mais les touristes français restent 8 % en deçà de leur niveau de 2019, si bien que la fréquentation totale demeure inférieure de 4 % à celle de 2019.¹⁹ Les nuitées hôtelières franciliennes, elles, reculent de 3,2 % sur l'année. Le recul se concentre avant les épreuves, en juin et pendant la majeure partie de juillet, et l'INSEE en recense les causes possibles : le report de festivals et la délocalisation de manifestations sportives en province, les limitations de déplacement liées aux périmètres de sécurité, la fermeture d'une partie de l'été de certains sites, comme le parc du château de Versailles, une météo peu favorable et des mouvements sociaux dans les transports. Pendant les épreuves olympiques, à l'inverse, le taux d'occupation journalier des hôtels dépasse en moyenne de 10 points celui de la même période de 2023, et le dernier trimestre repart nettement à la hausse.²⁰ Le chiffre international affiche une réussite ; le détail révèle une saison perturbée. À notre lecture, une partie de la clientèle habituelle s'est écartée avant que celle de l'événement n'arrive. La littérature académique documente ce paradoxe : Fourie et Santana-Gallego établissent que les Jeux d'été accroissent en moyenne le tourisme entrant, mais que l'effet est plus faible et moins durable lorsque le pays hôte est un pays développé — ce qui est précisément le cas de la France.²¹ La nette progression du revenu parisien par chambre disponible en 2025,¹³ conjuguée à la vigueur de la clientèle américaine la même année,²² a pu laisser croire à un effet d'image durable. Le palier américain de 2026 (Section 2.2), quelle qu'en soit la cause, invite à la prudence : un tel effet, s'il existe, reste à démontrer dans la durée.

2.2 — La valeur est concentrée sur une frange premium, pas diffusée dans le parc

À Paris Île-de-France en 2024, environ un quart des touristes étrangers relèvent des clientèles dites « à haute contribution ». Les États-Unis, la Chine et les pays du Golfe concentrent une part majeure de leur dépense.²³ Surtout : les touristes à fort pouvoir d'achat représentent près de la moitié de la consommation touristique internationale à Paris Île-de-France.

Le détail par marché, fourni par la CCI Paris Île-de-France, donne la mesure de l'écart de valeur. Les Américains à haute contribution dépensent en moyenne 1 561 € par séjour et par personne, les Chinois à peine moins. Les visiteurs du Golfe, principalement des Émirats arabes unis et d'Arabie saoudite, comptent eux aussi parmi ces clientèles à forte contribution : 135 000 touristes de ce profil et 700 000 nuitées à Paris Île-de-France en 2024.²⁴ Ces clientèles ne dépensent pas seulement plus : elles restent plus longtemps et influencent les standards d'accueil. La tendance se confirme en 2025 : les recettes générées par la seule clientèle américaine progressent de 17 % et pèsent près d'un dixième des recettes touristiques internationales françaises. La progression est continue depuis la sortie de crise : les nuitées américaines dans les hébergements collectifs français passent de 9,2 millions en 2022 à 13,1 millions en 2025, soit un quart au-dessus du niveau de 2019. En 2026, la clientèle américaine marque un palier : ses arrivées aériennes en France ne progressent que de 2,3 % sur les huit premiers mois, sur une base record, quand celles en provenance du Mexique et du Canada progressent de 14 % et de 10 % au premier semestre. La fiche d'Atout France n'en désigne pas la cause ; elle décrit un contexte intérieur américain moins porteur (inflation persistante, hausse des taux d'intérêt, confiance des consommateurs fragilisée depuis début 2025), tout en relevant que le voyage reste une priorité budgétaire pour une large partie des Américains. Les recettes progressent encore de 5 % de janvier à mai, et le palier n'est pas un retournement : les réservations de septembre à novembre progressent de 9,7 %.²⁵

À l'échelle régionale, la dépendance à cette frange est désormais explicite. En 2025, la contribution des visiteurs internationaux à Paris Île-de-France progresse et atteint près des deux tiers de la consommation touristique régionale, tandis que la dépense des clientèles françaises recule.²⁶ Le moteur, c'est l'international premium ; le domestique décroche.

Ce premium tire mécaniquement sa propre performance vers le haut. En Île-de-France en 2025, les prix moyens fléchissent du 1-2 au 4 étoiles ; seuls les 5 étoiles parisiens progressent, tandis que les Palaces parisiens connaissent une « normalisation tarifaire ».²⁷ Sur l'exercice 2025, le revenu par chambre disponible progresse nettement à Paris intra-muros (Section 2.1) ; à l'échelle nationale, la progression reste modeste, de l'ordre d'un à deux points selon le panel retenu, et masque des écarts importants entre segments.²⁸ Plus la clientèle est internationale et aisée, plus la performance par chambre progresse ; plus l'établissement se situe en entrée de gamme, plus elle stagne. La polarisation est déjà inscrite dans les indicateurs d'exploitation. Dans son suivi du marché, l'Alliance France Tourisme constate, en cumul à fin avril 2026, un haut de gamme et luxe en tête, un milieu de gamme solide, un économique et un super-économique « à la peine » : elle y voit une « polarisation du marché ».²⁹ Le bilan de mi-année nuance l'ampleur de cet écart sans en renverser le sens : sur le seul mois de juin 2026, le milieu de gamme et l'économique progressent à un rythme voisin. Le même panel MKG en donne le gradient sur le premier semestre 2026 : le revenu par chambre progresse de 0,4 % dans le super-économique et de 1,0 % dans l'économique, contre 3,2 % dans le milieu de gamme et 4,5 % dans le haut de gamme.³⁰ Sur le premier semestre 2026, la rupture la plus nette passe donc sous le milieu de gamme ; la Section 3 (3.5.5) montre qu'elle traverse aussi le 3-étoiles, sans que la statistique dise si l'indépendant qui s'y trouve en profite. Le diagnostic est donc partagé. Ce que ce document ajoute n'est pas le constat de la polarisation, mais l'explication de son mécanisme au niveau de l'actif et l'hypothèse argumentée qu'elle se referme, mâchoire après mâchoire, sur le même cœur de parc.

Une précision de méthode s'impose ici. Elle commande la lecture de tout ce qui suit. Les séries publiques ventilent le parc par catégorie d'étoiles et, séparément, entre hôtels de chaîne et hôtels indépendants, sans croiser les deux. Elles montrent que la ligne de rupture passe, en 2025-2026, sous le milieu de gamme : le 3 étoiles progresse, le 1-2 étoiles, stable en 2025, recule légèrement en 2026, et le non classé recule. Aucune de celles que nous avons consultées ne dit ce qu'il advient de l'indépendant à l'intérieur du milieu de gamme, parce qu'aucune ne le distingue de l'hôtel de chaîne de même catégorie. Ce que ce document avance sur le cœur de parc indépendant est donc une déduction des mécanismes qu'il décrit, et non une mesure. Nous le signalons une fois pour toutes plutôt que de laisser croire à une statistique que nous n'avons pas trouvée.

2.3 — Le paradoxe du tourisme d'affaires : l'activité est revenue, la nuitée n'a pas suivi

Le tourisme d'affaires illustre la même mécanique : l'activité revient, la nuitée hôtelière d'affaires ne suit pas.

Le fait brut d'abord. En Île-de-France, la clientèle professionnelle pesait 48 % des nuitées hôtelières en 2019. En 2025, sur un champ élargi aux hébergements collectifs, elle n'en pèse plus que 27 %, soit trois points de moins qu'un an plus tôt et cinq de moins qu'en 2023.³¹ Les deux bornes ne se soustraient pas (l'INSEE n'a pas publié de série homogène sur le seul champ hôtelier) mais elles pointent dans la même direction, et la seconde est, à elle seule, une série en repli continu. Pourtant les dépenses de voyages d'affaires se sont redressées : selon les prévisions de la Global Business Travel Association (GBTA), celles des entreprises françaises devaient retrouver dès 2023 96 % de leur niveau de 2019.³² Comment l'activité peut-elle revenir quand la part des nuitées d'affaires franciliennes recule ?

L'enquête de Coach Omnium est compatible avec ce mécanisme.³³ Les deux tiers des entreprises interrogées déclarent une baisse de leurs budgets événementiels en 2025. Elles continuent pourtant d'organiser des rencontres professionnelles, en privilégiant des formats plus courts, plus ciblés et plus qualitatifs, et la dépense par participant se déplace vers le haut. À notre lecture, trois ressorts se combinent :

1. La compression par les prix. La hausse des tarifs hôteliers et événementiels pousse les entreprises à arbitrer : moins d'événements, moins de participants, durée raccourcie. Chaque événement coûte plus cher, donc on en fait moins et on les fait plus courts — ce qui réduit mécaniquement les nuitées générées, même quand le nombre de salons reste élevé.

2. Le report modal. Sur les trajets courts, le train remplace l'avion assorti d'une nuit d'hôtel. L'aller-retour dans la journée en TGV se substitue au déplacement avec nuitée. Le salon se tient, le visiteur vient, mais il ne dort plus sur place.

3. La compression de la durée utile. Le déplacement professionnel « utile » (venir, faire, repartir) est par nature plus court que le déplacement relationnel d'avant-Covid, où l'on prolongeait le séjour, où l'on dînait, où l'on restait. Le besoin de se retrouver est revenu en force, mais sous une forme dégraissée : plus dense, moins étalée dans le temps.

Le résultat se lit dans l'exercice 2025 : selon In Extenso, les établissements les plus exposés à la clientèle d'affaires, « qu'elle soit individuelle ou de groupes », font moins bien que les marchés de loisirs et de clientèle internationale, les entreprises restant « assez vigilantes sur les frais de déplacements et les événements ».³⁴ Le salon est revenu ; la nuitée d'affaires, elle, n'a pas retrouvé son poids d'avant.

Pourquoi ce point est central. Le tourisme d'affaires était historiquement le segment qui remplissait le milieu de gamme urbain en semaine, à bon prix, hors saison. Sa contraction en nuitées ne vide pas le cœur de parc (les données de fréquentation montrent que le milieu de gamme se remplit toujours, à la moyenne du marché) mais elle en change la clientèle : moins de clientèle d'affaires régulière en semaine, davantage de loisir et d'international de week-end et de saison. Le 3-étoiles urbain ne perd pas ses clients ; il perd la régularité et la prévisibilité que lui assurait la rente d'affaires. C'est un premier ressort de la mâchoire de la demande (mâchoire 5, 3.5) — non parce qu'elle assèche le parc, mais parce qu'elle impose un repositionnement de l'actif que l'indépendant n'a pas toujours les moyens de financer. Il faut ici se garder d'une lecture trop simple : le tourisme d'affaires ne déserte pas l'hôtellerie, il s'y concentre autrement. Il pèse encore environ 35 % du chiffre d'affaires de l'hôtellerie française (une part de recettes et non de nuitées : le segment pèse moins en nuits qu'en valeur — un congressiste dépense de l'ordre de 270 € par jour, contre 70 € pour un touriste de loisirs).³⁵ À notre lecture, cette valeur se déplace vers les formats que le repli a fait gagner : l'événementiel concentré, les congrès et les manifestations professionnelles haut de gamme, que captent les établissements de catégorie supérieure et les destinations équipées — pas le 3-étoiles indépendant qui vivait de la nuitée d'affaires individuelle et répétée. Le segment qui se contracte serait d'abord la nuitée d'affaires individuelle et régulière, la moins disputée, celle qui faisait précisément le socle du cœur de parc. Le problème n'est pas le remplissage ; c'est l'adéquation.

2.4 — Lire la prime française dans la dynamique mondiale du luxe

La concentration de valeur observée sur la frange premium française n'est pas une exception nationale : c'est la traduction, sur le sol français, d'un mouvement mondial qui structure désormais l'ensemble de l'industrie. Il faut le rappeler pour ne pas surestimer la singularité de la prime — et pour mesurer ce qu'elle implique du parc qui ne capte pas cette dynamique.

Le volume mondial de projets en développement dans le luxe est à un record. Fin 2025, le segment luxe de l'hôtellerie mondiale atteignait plus de 250 000 chambres en développement, un niveau historique, dans un volume mondial de projets en développement lui-même record (cf. Section 8).³⁶ L'Asie-Pacifique (hors Chine), le Moyen-Orient et l'Afrique enregistrent leurs propres records régionaux. Le marché européen de l'hôtellerie de luxe devrait croître d'environ 5,3 % par an d'ici 2033.³⁷ Le sous-marché français de l'hôtellerie de luxe progresserait, lui, à un rythme plus modéré — de l'ordre de 2,7 % par an d'ici 2029.³⁸ La France participe donc à la dynamique mondiale du luxe, mais à un rythme moins soutenu que la moyenne européenne et nettement moins que les régions émergentes.

La démographie patrimoniale qui finance cette dynamique se concentre. Selon le World Wealth Report 2026 de Capgemini, la population mondiale d'individus à patrimoine élevé (plus d'un million de dollars d'actifs investissables) progresse en 2025. Surtout, le segment ultra-fortuné (plus de 30 millions de dollars) progresse de 9,4 % sur un an : c'est le segment de richesse le plus dynamique pour la seconde année consécutive.³⁹ L'Europe constitue ici un cas particulier : sa population d'individus à patrimoine élevé a reculé de 2,1 % en 2024, mais sa population ultra-fortunée a progressé de 3,5 %, signe d'une concentration accrue de la richesse au sommet.⁴⁰ Le creux a été suivi d'un rebond en 2025, en Europe comme en France.³⁹ Le client le plus rentable de la prime française relève d'une clientèle très aisée dont la population croît plus vite que la moyenne mondiale.

La demande s'oriente vers l'expérience plutôt que le bien. Le rapport conjoint Bain & Altagamma documente une mutation structurelle : la croissance du luxe se déplace des biens personnels vers l'expérience (exemples : hôtellerie de très haut niveau, croisières, gastronomie, bien-être), devenue le principal moteur de croissance du secteur.⁴¹ Pour l'hôtellerie française, cela signifie que la valeur captée par séjour ne tient pas seulement à la chambre, mais à un ensemble plus vaste (gastronomie, spa, conciergerie, expériences sur mesure) que seul un parc équipé et formé sait délivrer.

Le classement de référence enregistre ce resserrement. Dans la sélection 2026 des Clés MICHELIN, publiée le 18 septembre 2026, l'Italie compte 224 hôtels distingués et la France (Monaco compris) 220 : ce sont les deux premiers pays d'Europe, devant le Royaume-Uni (131) et l'Allemagne (130).⁴² La France n'y est plus le premier volume européen ; elle compte en revanche, avec Monaco, 25 des 155 hôtels Trois Clés de la sélection mondiale.

Lecture pour la France. Ce contexte mondial ne dément pas le diagnostic de prime française : il l'inscrit dans son cadre. La concentration de valeur sur la frange premium n'est pas un travers du marché français, c'est la mécanique globale du luxe. Cette inscription a cependant deux conséquences directes pour la suite du document. Premièrement, la prime française est défendable tant qu'elle capte une part de la croissance mondiale du luxe et de l'expérience — ce qui suppose un parc en mesure de la délivrer. Deuxièmement, le cœur de parc indépendant qui ne participe pas à cette dynamique n'est pas seulement à l'écart d'une croissance hexagonale : il est à l'écart d'un mouvement mondial. La fissure du récit n'est pas une singularité française — elle est la version française d'un partage global entre une frange capable de monétiser l'expérience et une masse exposée au seul volume. C'est ce partage que les chapitres qui suivent vont décrire à l'échelle du parc.

Notes et sources

  1. ¹⁰ Banco de España, « La capacidad de financiación de la economía española se situó en 2025 en el 4% del PIB, cerca del promedio de los máximos históricos recientes », note de presse sur la balance des paiements mensuelle de décembre 2025, 27 février 2026 ; Instituto Nacional de Estadística, « Estadística de Movimientos Turísticos en Fronteras (FRONTUR). Diciembre 2025 y año 2025. Datos provisionales », note de presse, 3 février 2026. Recettes et nombre de touristes proviennent de deux producteurs distincts. Voir note ᵃ. ↩
  2. ¹¹ Alliance France Tourisme, Observatoire économique du tourisme n° 17 (données de décembre 2025 et bilan de l'année), 2 février 2026, p. 2, 9 et 10-11, données de panel MKG ; INSEE, « En 2025, nouveau ralentissement des prix à la consommation en moyenne annuelle », Informations rapides n° 8, 15 janvier 2026. Sur un autre panel, classé par étoiles, RYDGE Conseil, L'Industrie hôtelière française en 2026, 49ᵉ édition, 2026 (étude historiquement publiée par KPMG), p. 95, mesure en 2025 un revenu hébergement par chambre disponible de +17,7 % pour les 5 étoiles supérieur, +4,8 % pour les 5 étoiles standard, +0,6 % pour les 4 étoiles, −1,2 % pour les 3 étoiles et −1,6 % pour les 1-2 étoiles : même hiérarchie, plus marquée au sommet. L'étude précise que les changements de panel expliquent une partie des variations. ↩
  3. ¹² Direction générale des entreprises, « Bilan touristique 2025 : la France confirme sa place de première destination touristique mondiale », 19 février 2026 ; Atout France, « Un premier bilan encourageant de l'activité touristique cet été », 16 septembre 2026. La recette moyenne par touriste international (que le bilan nomme « dépense moyenne par touriste ») équivaut au rapport des 77,5 Md€ de recettes aux 102 millions de touristes : c'est un ratio, non une mesure d'enquête ; son numérateur, issu de la balance des paiements, couvre aussi la dépense des excursionnistes, son dénominateur ne compte que les touristes. Calcul Dalmagne Performance pour le second semestre : premier semestre 2025 ≈ 40 ÷ 1,07 ≈ 37,4 Md€, d'où un second semestre 2025 ≈ 40,1 Md€ ; la prévision annuelle de 80 Md€ laisse environ 40 Md€ au second semestre 2026, soit un niveau quasi stable. Données 2026 provisoires, l'exercice n'étant pas clos. ↩
  4. ¹³ In Extenso Tourisme Culture et Hôtellerie, conférence annuelle, CNIT La Défense, 6 février 2026, relayée par Thierry Beaurepère, « Bilan 2025 : le chiffre d'affaires de l'hôtellerie française a progressé de 2 % », TourMaG, 9 février 2026. ↩
  5. ¹⁴ Alliance France Tourisme, Observatoire économique du tourisme n° 21 (données d'avril 2026), 9 juin 2026, p. 5, et bilan de juillet 2026, p. 7, données de panel MKG. RevPAR hors taxes, hôtels et résidences de tourisme, données internationales du panel. Pour le cumul à fin avril, le commentaire du n° 21 (p. 4) donne +2,7 % pour l'Europe, +6,8 % pour l'Espagne et +17,0 % pour l'Italie ; son tableau (p. 5), retenu ici, donne +2,9 %, +6,7 % et +17,8 %. ↩
  6. ¹⁵ Cushman & Wakefield, Hospitality Marketbeat Spain, mars 2026 ; Nicolas Cousin, « Hotels Spain », dans Christie & Co, Business Outlook 2026, 15 janvier 2026 ; Emmanuelle Tulliez, « European Trends, Q1 2026: The Olympic Rings are hiding fatigue in the major markets », Hospitality ON, 21 avril 2026 ; HSMAI Europe et MKG Consulting, « European Hotel Industry Sees Mixed Performance in August 2025 », Hotel News Resource, 8 octobre 2025. ↩
  7. ¹⁶ European Travel Commission, European Tourism: Trends & Prospects. Quarterly Report Q4/2025, février 2026 ; Atout France, « États-Unis », fiche marché, mise à jour du 14 septembre 2026. La mesure européenne est un cumul depuis le début de l'année ; les deux mesures relèvent de systèmes statistiques distincts et indiquent un sens, non un écart chiffrable. ↩
  8. ¹⁷ National Travel and Tourism Office (département du Commerce des États-Unis), « U.S. Outbound Travelers Characteristics 2024 », 23 septembre 2025 ; National Travel and Tourism Office, Management Analysis of 2022 U.S. Resident Outbound Travel, 19 septembre 2023. Calcul Dalmagne Performance d'après NTTO : voyages lointains 2022 = 47,2 % × 80,7 millions de départs = 38,1 millions, d'où 53,8 / 38,1 = +41 % ; visites en France : 4,1 / 3,1 millions = +32 %. Les volumes par pays étant arrondis à la centaine de milliers, seul le différentiel de croissance est robuste. Le NTTO compte des voyages déclarés par des résidents américains : il ne se compare pas aux arrivées mesurées par Atout France. ↩
  9. ¹⁸ Dominique Marcel, président de l'Alliance France Tourisme, entretien à franceinfo (« L'invité éco »), propos rapportés par Céline Eymery, « Tourisme : la France n'est pas la première destination mondiale, selon le président d'Alliance France Tourisme », TourMaG, 3 juillet 2025 ; Forum économique mondial, Travel & Tourism Development Index 2026, 25 septembre 2026 ; Travel & Tourism Development Index 2024, 21 mai 2024. Cet indice mesure le développement et la compétitivité du secteur, non la taille de l'économie touristique : le cinquième rang de la France est un rang de développement. ↩
  10. ¹⁹ Choose Paris Region, « Un bilan touristique 2024 positif pour la destination Paris Île-de-France, portée par les Jeux Olympiques et Paralympiques », communiqué de presse, 20 mars 2025 (48,7 millions de touristes, −4 % par rapport à 2019 ; 26,1 millions de touristes français, −8 % ; 22,6 millions de touristes internationaux, +2 %). Ces chiffres comptent des touristes, tous hébergements confondus ; les nuitées hôtelières de l'INSEE relèvent d'un autre champ. ↩
  11. ²⁰ Aurélian Catana, « Tourisme : une fréquentation touristique impactée par les Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024 », Insee Conjoncture Île-de-France n° 54, 26 juin 2025 (nuitées hôtelières, taux d'occupation pendant les épreuves, dernier trimestre) ; Vincent Biausque, Alexandre Bihi et Sylvie Druelle, « Les Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 : une éclaircie dans une saison touristique particulièrement terne », Insee Analyses Île-de-France n° 194, INSEE, décembre 2024 (causes avancées pour juin et juillet, que l'INSEE présente comme des facteurs qui « ont pu se conjuguer »). ↩
  12. ²¹ J. Fourie et M. Santana-Gallego, « Mega-sport events and inbound tourism: New data, methods and evidence », Tourism Management Perspectives, vol. 43, 2022, article 101002. ↩
  13. ²² Atout France, « États-Unis ». ↩
  14. ²³ Aurélian Catana et al., « États-Unis, Chine et Émirats Arabes Unis : des clientèles touristiques à fort pouvoir d'achat pour Paris Île-de-France », Enjeux Île-de-France n° 266, CROCIS de la CCI Paris Île-de-France, octobre 2025 ; Visit Paris Region, « Clientèle touristique haute contribution », 23 octobre 2025. ↩
  15. ²⁴ Catana et al., « États-Unis, Chine et Émirats Arabes Unis ». ↩
  16. ²⁵ Atout France, « États-Unis », fiche marché, mise à jour du 14 septembre 2026 ; Eurostat, « Nights spent at tourist accommodation establishments by country of origin of the tourist » (tour_occ_ninraw), données transmises par l'INSEE, mise à jour du 22 septembre 2026 ; Atout France, « Un premier bilan encourageant de l'activité touristique cet été », 16 septembre 2026. Les nuitées ne couvrent que les hébergements collectifs marchands (hors meublés de tourisme et hébergement non marchand) et ne se comparent pas aux arrivées. Calcul Dalmagne Performance : 13 124 274 nuitées en 2025 ÷ 10 422 397 en 2019 ≈ 1,26. Données 2026 provisoires. ↩
  17. ²⁶ Choose Paris Region, Région Île-de-France et Visit Paris Region, « En 2025, l'Île-de-France établit un record historique avec près de 24 milliards d'euros de retombées touristiques », communiqué de presse, 23 mars 2026. ↩
  18. ²⁷ RYDGE Conseil, L'Industrie hôtelière française en 2026, 49ᵉ édition, 2026, p. 92 (prix moyens 2025 : de −3,0 % à −9,6 % du 1-2 au 4 étoiles à Paris et en Île-de-France hors Paris ; +2,7 % pour les 5 étoiles supérieur et +4,5 % pour les 5 étoiles standard parisiens) et p. 65 (Palaces parisiens : prix moyen en recul de 4,6 % à panel constant). L'étude rattache le repli des catégories intermédiaires à « un contexte de normalisation post-Jeux Olympiques ». ↩
  19. ²⁸ In Extenso Tourisme Culture et Hôtellerie, conférence annuelle, 6 février 2026. ↩
  20. ²⁹ Alliance France Tourisme, Observatoire économique du tourisme n° 21 (données d'avril 2026), 9 juin 2026, p. 16, et n° 23 (données de juin 2026), 31 juillet 2026, p. 2, données de panel MKG. La première lecture est un cumul à fin avril, la seconde porte sur le seul mois de juin : elles ne se comparent pas terme à terme. ↩
  21. ³⁰ Alliance France Tourisme, Observatoire économique du tourisme n° 23 (données de juin 2026), 31 juillet 2026, p. 17 (cumul janvier-juin, hôtels hors résidences) ; MKG, Hit Report, premier semestre 2026 ; BNP Paribas Real Estate, REview. Le marché hôtelier, France, T2 2026, 8 septembre 2026. Le Hit Report et l'Observatoire sont deux productions MKG sur des périodes différentes, et BNP Paribas Real Estate republie les données du Hit Report : aucune de ces sources ne constitue une mesure indépendante des autres. Ce gradient renseigne sur les segments du panel, non sur le comportement des seuls indépendants. ↩
  22. ³¹ Marie-Christine Abboudi, Camille Fauret, Aurélien Neff et Emmanuel Rodier, « Les séjours professionnels : une clientèle stratégique pour l'hôtellerie francilienne », Insee Analyses Île-de-France n° 158, 4 octobre 2022 ; Philippe Pottier et Élisabeth Prévost, « Un an après les Jeux Olympiques et Paralympiques, le tourisme francilien au plus haut en 2025 », Insee Flash Île-de-France n° 110, 31 mars 2026. L'écart apparent entre les deux bornes mêle un recul réel et un changement de périmètre : il ne se mesure pas en points. ↩
  23. ³² Global Business Travel Association (GBTA), 2023 GBTA Business Travel Index Outlook, présenté dans le communiqué « European Business Travel Spending is Forecast to Reach $450 Billion USD by 2027 », 15 novembre 2023. ↩
  24. ³³ Coach Omnium, Groupe 1001 Salles et IDEAL Meetings & Events, « Résultat de la 33ᵉ édition de l'Étude MICE 2026 », 25 mars 2026 ; Coach Omnium et Groupe 1001 Salles, Étude MICE 2025 : 32ᵉ édition annuelle, avril 2025 (dépense par participant). Enquêtes déclaratives auprès d'entreprises commanditaires ; la 32ᵉ édition juge la demande en manifestations professionnelles « revenue plus ou moins comme en 2019 ». ↩
  25. ³⁴ Olivier Petit, directeur général d'In Extenso Tourisme Culture et Hôtellerie, propos rapportés par Arnaud Deltenre, « Hôtellerie française : le bilan 2025 et les perspectives d'In Extenso », Voyages d'Affaires, 9 février 2026. ↩
  26. ³⁵ Alliance France Tourisme et Régions de France, « Conférence de presse de l'Alliance France Tourisme : Observatoire de l'industrie du tourisme », 7 janvier 2026, relayée par Hospitality ON ; DGE, Contrat de filière Tourisme d'affaires & événementiel, 24 juillet 2025. Données de la profession, non statistiques publiques ; le contrat de filière corrobore l'ordre de grandeur de la dépense. ↩
  27. ³⁶ Lodging Econometrics, Q4 2025 Global Hotel Construction Pipeline Trend Report, présenté dans le communiqué « Global Hotel Pipeline Reaches Record High—Luxury and Upper Upscale Chain Scales, and Conversions Reach Historic Milestones at Q4 2025 Close », 18 février 2026. ↩
  28. ³⁷ Research and Markets, étude sur le marché européen de l'hôtellerie de luxe à l'horizon 2033, citée par Pauline Duvieu, « Le marché de l'hôtellerie de luxe en Europe devrait croître de +5 % entre 2025 et 2033 », Journal du Luxe, 12 novembre 2025. ↩
  29. ³⁸ Luxury Hotel School, Luxury Hospitality in 2025, février 2025, relayant une étude de marché commerciale dont la méthodologie n'est pas publique : à manier comme un ordre de grandeur. Les taux européen et français proviennent d'études distinctes, sur des horizons différents (2033 et 2029) : leur comparaison indique un ordre, non un écart précis. ↩
  30. ³⁹ Capgemini Research Institute, World Wealth Report 2026, 4 juin 2026. ↩
  31. ⁴⁰ Capgemini Research Institute, World Wealth Report 2025, 4 juin 2025. ↩
  32. ⁴¹ Bain & Company et Fondazione Altagamma, Luxury Goods Worldwide Market Study 2025, présentée dans le communiqué « Global luxury stays resilient despite economic headwinds and shifting consumer trends that reshape market—Bain & Company and Altagamma », Milan, 20 novembre 2025. L'étude porte sur le marché mondial du luxe, non sur l'hôtellerie française. ↩
  33. ⁴² Guide MICHELIN, « Le Guide MICHELIN dévoile sa sélection de Clefs MICHELIN 2026 : À la découverte des meilleurs hôtels du monde », communiqué, 18 septembre 2026. Décomptes France et Monaco réunis. Le communiqué ne publie pas le nombre d'hôtels Trois Clés des autres pays. Distinction d'éditeur, non mesure de performance. ↩
  34. ᵃ Le chiffre de 134,7 Md€ parfois attribué à l'Espagne mesure le gasto turístico de l'INE, une dépense touristique au périmètre élargi, non comparable au poste « Voyages » de la balance des paiements : la seule comparaison valable rapporte recettes à recettes. Calcul Dalmagne Performance d'après Banco de España et DGE : (77,5 − 105,2) / 105,2 ≈ −26 %. Le bilan officiel français (Direction générale des entreprises, « Bilan touristique 2025 : la France confirme sa place de première destination touristique mondiale », 19 février 2026) exprime le même écart en le rapportant aux recettes françaises : l'Espagne encaisse 36 % de plus que la France, (105,2 − 77,5) / 77,5 ; les deux conventions décrivent la même réalité. ↩

Publication

Publié le 15 octobre 2026 par Cédric Dallemagne, Associé fondateur, Dalmagne Performance, et Guest Lecturer, Les Roches Global Hospitality Education. Données arrêtées au 30 septembre 2026.

Remerciements : Taran Patel (Les Roches), Laurent Bonnet (Valther), Lloyd Smith (SteadiLev).