La Prime et la Tenaille  ·  Le capital humain  ·  English version

Le capital humain : variable oubliée de la valeur

La variable oubliée de la valeur : sans équipe, pas de qualité entretenue.

4 084 mots · 17 min15 notesCédric Dallemagne
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L'essentiel

  • La rotation élevée détruit le savoir-faire et la constance qui font la valeur d'un établissement repositionné.
  • Le désavantage français tient moins à un défaut de volonté qu'à un cumul structurel (poids des charges, difficulté à loger ses saisonniers, petite taille) qui prive l'exploitant indépendant des moyens de fidéliser et de former.
  • Comme l'investissement matériel de la Section 4, l'investissement humain bute sur la même limite : isolé, l'indépendant ne peut le porter.

Un fait d'abord, qui donne la mesure de l'enjeu — et qui devrait retenir l'attention des pouvoirs publics. L'emploi salarié de l'hébergement (hôtels, campings et résidences) a progressé de plus de 51 000 postes en dix ans.¹⁶⁵ Dans le même temps, le parc perdait environ 11 % de ses hôtels.¹⁶⁶ Moins d'hôtels, plus d'emplois salariés : les deux mouvements coexistent, sans que ces deux séries, qui ne portent pas sur le même champ, permettent de les relier ; une explication plausible est que les établissements qui ouvrent sont plus grands, plus haut de gamme, donc plus intensifs en main-d'œuvre. Le secteur des hôtels, cafés et restaurants confirme l'échelle : environ 1,3 million de salariés en 2025, dont 42 % ont moins de trente ans contre 24 % dans l'ensemble du privé — un secteur particulièrement jeune.¹⁶⁷ Mais cette création nette nationale recouvre vraisemblablement la même polarisation que le parc : les emplois se créent sans doute d'abord là où ouvrent les grands établissements urbains, et se perdent là où ferme l'hôtel rural ; la série nationale retenue ici ne permet pas de le vérifier. Pour les pouvoirs publics, centraux comme territoriaux, le capital humain hôtelier n'est donc pas une variable sectorielle : c'est un enjeu d'aménagement.

5.1 — Du coût à l'actif : un changement de regard nécessaire

La Section 3 a traité le travail comme une charge : poids des cotisations patronales, salaires nets très en deçà de la moyenne du privé (3.2.4), difficulté de recrutement (aiguë jusqu'en 2023, retombée depuis, mais de nouveau en hausse sur un an), saisonnalité et rotation élevées. Cette lecture est juste, mais incomplète. Elle décrit le travail comme un coût à comprimer, alors que la thèse de ce document conduit à le regarder autrement.

Figure 4

Moins d'établissements, plus d'emplois : la recomposition détruit des adresses et crée du travail

Emplois salariés nets créés dans l'hébergement en dix ans (ordre de grandeur) ; évolution du nombre d'hôtels, juin 2015 – juin 2025

plus de 51 000 environ −11 % emplois salariés nets dans l'hébergement(hôtels, campings et résidences), en dix ans hôtels dans le parcjuin 2015 – juin 2025
Données de la figure 4
MesureValeur
Emplois salariés nets créés dans l'hébergement, en dix ans (Urssaf)plus de 51 000 (ordre de grandeur)
Évolution du nombre d'hôtels, juin 2015 – juin 2025 (INSEE)environ −11 %

Sources : Urssaf, « Effectifs salariés et masse salariale trimestriels du secteur privé, France entière x secteur NA88 », données ouvertes (division 55, Hébergement ; effectifs corrigés des variations saisonnières au 4e trimestre), ordre de grandeur · note ¹⁶⁵ ; INSEE, enquête de fréquentation dans l'hôtellerie, série mensuelle du nombre d'hôtels (BDM 010609562), France métropolitaine, mise à jour du 10 septembre 2026, juin 2015 et juin 2025 · note ¹⁶⁶ · Dalmagne Performance

Si la prime de valeur ne se capte plus par le volume mais par le repositionnement (par la montée en gamme d'un actif vers un standard supérieur), alors la qualité du service devient une variable de valorisation, et non plus un simple poste de dépense. Or la qualité du service ne se décrète pas : elle repose sur la compétence et la stabilité des équipes. Le capital humain cesse d'être une charge à minimiser pour devenir un actif à constituer.

Ce déplacement de regard a une conséquence directe sur la thèse socle ou rente. Un parc qui sous-investit dans son capital humain peut continuer de percevoir la prime de réputation de la destination, mais il ne construit pas le socle opérationnel qui justifierait durablement cette prime. La main-d'œuvre est l'une des conditions silencieuses de la transformation de la rente en socle.

5.2 — Ce que la rotation détruit

La rotation du personnel de l'hôtellerie-restauration n'est pas un simple inconfort de gestion. C'est une destruction de valeur, et il faut en mesurer la portée.

La mesure récente manque, et c'est le premier obstacle. Les séries publiques les plus citées sur la rotation du secteur datent de 2022, au cœur de la vague de démissions : ce document les lit avec leur point de comparaison de 2019.¹⁶⁸

Ce qui est établi, et qui porte plus loin qu'un taux, tient au modèle d'emploi lui-même. Plus d'un projet de recrutement sur deux est saisonnier dans le secteur, contre moins d'un sur trois en moyenne nationale (5.4) : autant de contrats appelés à s'achever. L'instabilité n'est pas d'abord subie : elle est inscrite dans la structure. Un modèle de cette nature capitalise plus difficilement le savoir-faire, sauf à fidéliser ses saisonniers d'une saison sur l'autre. Et deux mécanismes se cumulent. Le secteur recrute massivement pour la saison. En 2025, l'hébergement-restauration a signé plus d'une embauche sur dix du secteur privé, alors qu'il n'emploie qu'environ 6 % des salariés du privé.¹⁶⁹ Ces embauches comptent des contrats, non des personnes : un même extra peut en signer plusieurs dans l'année. Elles disent la fréquence à laquelle le secteur doit recruter. Ceux qui y sont en contrat permanent le quittent beaucoup plus souvent qu'ailleurs. En 2019, avant la vague de démissions qui a suivi la crise sanitaire, 28 % des salariés du secteur en contrat à durée indéterminée (CDI) ont démissionné, contre 9,6 % dans l'ensemble de l'économie. En 2022, en pleine vague, le taux du secteur reste près de trois fois celui de l'ensemble.¹⁷⁰ L'écart existait avant la vague ; il ne tient pas à elle. Les déclarations les plus récentes le confirment : en 2025 comme en 2019, le secteur concentre environ une démission de CDI sur six du secteur privé (17,2 % et 16,7 %), alors qu'il n'emploie qu'environ 6 % de ses salariés.¹⁷¹

Le coût de ce phénomène est largement sous-estimé parce qu'il est en partie invisible. Au-delà des dépenses directes de recrutement et de formation du remplaçant, le départ d'un collaborateur emporte une perte de productivité pendant la phase de montée en compétence, une désorganisation des équipes restantes, et surtout une érosion du savoir tacite — la connaissance des habitués, des procédures, des correctifs appris sur le terrain. Aux États-Unis, tous secteurs confondus, l'association américaine des professionnels des ressources humaines (SHRM) situe ce coût entre la moitié et le double du salaire annuel, selon le niveau du poste ; nous n'avons pas trouvé de mesure française publiée pour l'hôtellerie, et l'ordre de grandeur est sans doute plus bas pour les postes d'exécution.¹⁷²

Cette destruction frappe précisément là où la montée en gamme se joue. Un établissement qui aspire à un standard supérieur vend une expérience, et l'expérience se loge dans la constance du service. Une équipe qui se renouvelle sans cesse ne peut ni accumuler le savoir-faire, ni entretenir la relation, ni garantir la régularité qui distingue un établissement repositionné d'un établissement simplement rénové. Le mur peut être refait ; le service, lui, se construit dans la durée.

membre du personnel poussant un chariot dans un couloir d'hôtel
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5.3 — La principale fuite est hors du secteur, plus que vers un autre employeur

Le débat public résume trop souvent la question des compétences à un manque de bras, et la réponse à un effort de formation. Les données officielles montrent une fidélisation faible ; nous en tirons un déplacement du diagnostic : le problème premier n'est pas tant de former davantage que de retenir ce qui est formé.

Le constat est reconnu par le droit. L'arrêté du 21 mai 2025 a inscrit plusieurs métiers de l'hôtellerie-restauration sur les listes régionales des métiers en tension : les cuisiniers et les employés de l'hôtellerie (personnel d'étage, de hall et de réception) dans la totalité des treize régions métropolitaines. Les serveurs de cafés-restaurants ne le sont que dans neuf, et notamment ni en Île-de-France ni en Provence-Alpes-Côte d'Azur.¹⁷³ La tension reconnue par le droit se concentre donc sur la cuisine et l'étage — les métiers qui fondent directement la qualité de service, et par elle la montée en gamme. Sa géographie, en revanche, ne recouvre pas celle de la valeur hôtelière : les deux premiers marchés du pays en sont partiellement exemptés.

Derrière ce manque se cache toutefois un mécanisme plus précis qu'une simple insuffisance de candidats : une déperdition continue vers l'extérieur du secteur. La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) le mesure sur la sortie de crise sanitaire — un épisode extrême, mais éclairant : sur les quelque 375 000 salariés ayant quitté l'hébergement-restauration entre juillet 2020 et juillet 2021, environ 150 000 ont rejoint un autre secteur privé et 225 000 ont quitté l'emploi salarié privé. Surtout, la fidélisation à un an demeure faible : seuls 66 % des salariés présents dans le secteur en juillet 2021 y travaillaient encore un an plus tard, contre 68 % avant la pandémie.¹⁷⁴ Une part substantielle des départs quitte donc le secteur, plus qu'elle ne change d'employeur en son sein.

Ce déplacement du diagnostic change la nature de la réponse. Si la difficulté tenait au seul volume de formation, il suffirait de former plus. Or former davantage pour alimenter une déperdition continue revient à remplir un seau percé. La question utile devient : pourquoi part-on, et comment retenir plus longtemps ? Les causes de départ les plus souvent citées tiennent à trois leviers — les conditions de travail (horaires décalés, imprévisibilité des plannings, équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, souvent cité comme première cause de départ), la rémunération nette perçue, et l'existence de perspectives de carrière. Ces trois leviers ne relèvent pas de l'offre de formation, mais du modèle d'emploi lui-même — et ils ramènent au désavantage de niveau déjà établi en Section 3 : avec l'une des parts de coûts non salariaux les plus élevées de l'Union (3.2.2), l'exploitant français dispose d'une latitude plus étroite pour relever les salaires nets au-dessus du salaire minimum et étoffer les équipes, c'est-à-dire pour actionner précisément les leviers de rétention. Le surcoût n'est pas la cause unique de la fuite, mais il bride les moyens d'y répondre.

5.4 — Saisonnalité, logement, tension : ce qui a reflué et ce qui demeure

Trois contraintes sont régulièrement présentées comme des spécificités françaises. Elles méritent d'être remises à leur place : l'une a reflué depuis son pic sans disparaître, une autre est partagée avec nos voisins, la troisième est bien structurelle.

La tension de recrutement a reflué depuis le pic de 2022, mais repart à la hausse sur un an. Au plus fort de la crise, au quatrième trimestre 2022, 73,8 % des entreprises de l'hébergement-restauration déclaraient des difficultés de recrutement — le maximum de la série, contre 61,7 % pour l'ensemble des services ; elles sont 42,7 % au troisième trimestre 2026, contre 27,9 % un an plus tôt. Selon l'enquête Besoins en main-d'œuvre (BMO) 2026, 43,9 % des projets de recrutement du secteur sont jugés difficiles — contre 43,8 % tous secteurs confondus.¹⁷⁵ Dans cette enquête, l'hôtellerie-restauration n'est plus, en 2026, un point singulier par le niveau de difficulté déclaré. Elle l'est par la tendance : d'après les réponses de juillet 2026, la DARES relève que, sur un an, les difficultés de recrutement reculent dans presque tous les secteurs, à l'exception des autres activités de services et de l'hébergement-restauration.¹⁷⁶ Le déficit, lui, demeure, plus marqué qu'ailleurs : le taux d'emplois vacants du secteur reste à 4,5 % en 2025, contre 2,4 % pour l'ensemble de l'industrie, de la construction et des services.ʰ

Ce qui demeure singulier, c'est la structure de l'emploi. 54,5 % des projets de recrutement du secteur sont saisonniers, contre 32,2 % en moyenne nationale.¹⁷⁷ Le secteur ne déclare pas plus de difficultés de recrutement qu'un autre, mais il peine à garder, parce que plus d'un projet de recrutement sur deux y est saisonnier. La rotation en découle mécaniquement : en juillet 2022, près de quatre salariés du secteur sur dix n'y exerçaient pas un an plus tôt (voir note 170). C'est cette structure, autant qu'une tension de recrutement qui persiste, qui alimente les coûts indirects décrits en Section 3.

Le logement des saisonniers est le goulot le plus concret, et il n'est pas propre à la France : tous les grands pays touristiques méditerranéens affrontent la difficulté de loger des équipes dans des zones où l'immobilier est cher. Une précision s'impose, car elle change la nature du problème : aucune obligation légale ou conventionnelle n'impose à l'employeur de loger ses saisonniers. Le logement est en principe à la charge du salarié ; lorsque l'employeur le fournit, il constitue un avantage en nature soumis à cotisations, évalué au forfait ou d'après la valeur locative.ⁱ Ce n'est donc pas une charge subie : c'est un arbitrage. Le mécanisme n'en est pas moins auto-renforçant. Les communes littorales et de montagne où la demande de personnel culmine sont précisément celles où la pression locative (résidences secondaires, locations de courte durée) rend le logement abordable introuvable pour un saisonnier. Loger devient alors une condition de fait du recrutement, et l'arbitrage se pose en ces termes : l'établissement qui peut loger recrute et en supporte le coût ; celui qui ne le peut pas ne recrute pas, et la contrainte ne se lit pas dans ses charges mais dans ses chambres fermées. Le foncier et le travail se rejoignent ici : la même rareté foncière qui bride l'offre hôtelière éloigne la main-d'œuvre qui la ferait tourner.

Reste le poids des charges, réel mais déjà établi en Section 3 ; il pèse sur la fidélisation en creusant l'écart entre coût employeur et salaire net, sans qu'il soit utile d'y revenir. Ce qui est plus spécifiquement français, c'est la conjonction de ces contraintes avec la petite taille du parc indépendant : là où un grand opérateur méditerranéen mutualise logement, recrutement et formation, l'indépendant français les affronte seul.

5.5 — La formation : le maillon que la fragmentation affaiblit

La formation est le levier par lequel le capital humain se constitue, et c'est aussi celui que la structure du parc français affaiblit le plus.

Plusieurs travaux associent formation, rétention et qualité de service, en particulier sur les savoir-faire relationnels qui font la valeur perçue, sans qu'un effet causal soit établi pour l'hôtellerie française : les établissements les mieux gérés et les plus grands forment et retiennent davantage. La formation suppose toutefois une taille critique : des équipes suffisamment étoffées pour libérer du temps de formation, une fonction RH structurée, des parcours de progression internes.

Or le cœur de parc français, majoritairement indépendant et de petite taille, ne dispose d'aucune de ces conditions. L'établissement indépendant isolé n'a ni la masse salariale, ni la fonction support, ni les perspectives de mobilité qui permettent de retenir et de faire progresser. C'est l'un des bénéfices les moins visibles, mais les plus réels, du regroupement ou de l'affiliation : mutualiser la fonction formation, offrir des parcours, professionnaliser la gestion des équipes. Le cœur de parc, isolé sur ce plan comme sur les autres, subit là encore l'écart entre ce qu'il faudrait faire et ce que sa taille permet.

Une dimension reste ici volontairement esquissée : le futur du travail hôtelier. La modernisation du secteur (numérisation des opérations, évolution des attentes clients, recomposition des métiers entre tâches automatisables et gestes à forte valeur relationnelle) exigera une montée en compétence dont ni le contenu ni le financement ne sont aujourd'hui organisés à l'échelle du parc indépendant. Cette montée en compétence rejoint directement le désajustement de l'offre de formation analysé en 6.4. Pour l'exploitant isolé, dont le temps de réflexion stratégique est la ressource la plus rare, le risque est un retard de plus, qui s'ajoute à ceux décrits dans cette section. Ce chantier (comment chaque métier devra évoluer, et qui en portera la formation) excède le cadre du présent document et fera l'objet d'un développement ultérieur.

5.6 — Ce que la Section 5 établit

Le capital humain n'est pas une charge annexe : c'est une condition de la montée en gamme et, par elle, de la transformation de la rente de destination en socle opérationnel durable. La rotation élevée détruit le savoir-faire et la constance qui font la valeur d'un établissement repositionné. Le désavantage français tient moins à un défaut de volonté qu'à un cumul structurel (poids des charges, difficulté à loger ses saisonniers, petite taille) qui prive l'exploitant indépendant des moyens de fidéliser et de former. Or la formation, levier décisif de la valeur, exige une taille critique que le cœur de parc n'atteint pas seul.

Comme l'investissement matériel de la Section 4, l'investissement humain bute sur la même limite : isolé, l'indépendant ne peut le porter. La question n'est pas de savoir si le facteur humain compte (il est au cœur de la promesse hôtelière) mais de savoir qui, dans la structure actuelle du parc, a les moyens d'en faire un actif plutôt qu'une charge subie.

Notes et sources

  1. ¹⁶⁵ Urssaf, « Effectifs salariés et masse salariale trimestriels du secteur privé, France entière x secteur NA88 », données ouvertes (division 55, Hébergement ; effectifs corrigés des variations saisonnières au 4ᵉ trimestre). Les bornes exactes varient selon le millésime de révision du jeu de données : seul l'ordre de grandeur est retenu. ↩
  2. ¹⁶⁶ INSEE, enquête de fréquentation dans l'hôtellerie, série mensuelle du nombre d'hôtels (BDM 010609562), France métropolitaine, mise à jour du 10 septembre 2026. Calcul Dalmagne Performance : 17 400 hôtels en juin 2015, 15 531 en juin 2025, soit −10,7 %. Les valeurs antérieures à 2020 sont arrondies à la dizaine. Le chiffre porte sur l'ensemble du parc et sur dix ans ; les −12,2 % cités ailleurs portent sur les seuls indépendants, de juin 2019 à juin 2026. ↩
  3. ¹⁶⁷ Urssaf Caisse nationale, Hôtels, cafés, restaurants (HCR) : données statistiques 2025, mai 2026 ; DARES, « Les portraits statistiques de branches professionnelles », données, 17 juin 2026 (IDCC 1979). INSEE, « Emplois salariés trimestriels, hébergement et restauration » (série 001577250, corrigée des variations saisonnières, mise à jour du 28 août 2026) : 1 311 000 salariés au 4ᵉ trimestre 2025, ordre de grandeur concordant avec celui de l'Urssaf, dont proviennent les parts par âge. L'édition 2026 d'Emploi, chômage, revenus du travail donne 1 248 000 salariés fin 2025 ; l'écart avec la série trimestrielle, stable d'une année sur l'autre, ne modifie pas l'ordre de grandeur. La convention collective des hôtels, cafés et restaurants (IDCC 1979) couvre, selon la DARES, 822 700 salariés au 31 décembre 2024. Ces champs sont plus larges que celui de l'hébergement retenu pour le solde d'emplois sur dix ans. ↩
  4. ¹⁶⁸ Léo Moquay et Justine Obser, « À l'été 2022, des effectifs et des difficultés de recrutement inédits dans l'hébergement-restauration », Dares Focus n° 61, novembre 2023, d'après V. Barry, « Les embauches se replient de nouveau au 4ᵉ trimestre 2022 », Dares Indicateurs n° 21, avril 2023 ; France Travail, Enquête Besoins en Main-d'Œuvre 2026, 21 avril 2026. Le taux de démission sectoriel le plus récent date de 2022 et couvre l'hébergement-restauration dans son ensemble ; la part de projets saisonniers, plus récente, mesure des intentions d'embauche. L'argument repose sur le cumul des deux. ↩
  5. ¹⁶⁹ INSEE, Emploi, chômage, revenus du travail, coll. « Insee Références », édition 2026, 2 juillet 2026, fiches « Embauches et fins de contrat dans le secteur privé » (figure 3, d'après DARES) et « Évolution de l'emploi » (figure 1). Calcul Dalmagne Performance : 5 070 900 embauches en hébergement-restauration sur 45 836 500 dans le privé en 2025 (11,1 %) ; 1 248 000 salariés du secteur sur 20 893 000 dans le privé fin 2025 (6,0 %, soit 5,97 % avant arrondi). Les deux fiches n'ont pas le même champ (France métropolitaine hors agriculture pour les embauches, France hors Mayotte pour l'emploi) : ordres de grandeur, non ratios exacts. Les embauches comptent les missions d'intérim dans le secteur utilisateur, alors que l'emploi range les intérimaires dans les services aux entreprises : la part d'emploi du secteur est donc sous-estimée, dans une proportion que les fiches ne permettent pas de mesurer. ↩
  6. ¹⁷⁰ Léo Moquay et Justine Obser, « À l'été 2022, des effectifs et des difficultés de recrutement inédits dans l'hébergement-restauration », Dares Focus n° 61, novembre 2023 (taux de démission de CDI du secteur : 28 % en 2019, 31 % en 2022, d'après V. Barry, « Les embauches se replient de nouveau au 4ᵉ trimestre 2022 », Dares Indicateurs n° 21, avril 2023) ; INSEE, Emploi, chômage, revenus du travail, coll. « Insee Références », édition 2025, 26 juin 2025 (démissions de CDI du secteur privé, d'après DARES). Le taux de l'ensemble de l'économie est repris de la presse professionnelle, la publication primaire n'ayant pas pu être consultée ; il varie selon les relais pour 2022, d'où le seul ordre de grandeur retenu, et nous n'avons pas trouvé de taux sectoriel publié après 2022. Les taux portent sur les seuls salariés en contrat à durée indéterminée, hébergement et restauration confondus : les CDD, les intérimaires et les non-salariés n'y entrent pas. La vague nationale de démissions a culminé en 2023. La comparaison de juillet à juillet compte comme présent un saisonnier revenu d'une saison sur l'autre. ↩
  7. ¹⁷¹ DARES, Les mouvements de main-d'œuvre, données annuelles 2025, secteur « IZ, hébergement et restauration », ensemble des établissements. Champ : France métropolitaine, secteur privé hors agriculture, intérim et particuliers employeurs ; hébergement et restauration confondus. Calcul Dalmagne Performance : 291 708 démissions de CDI du secteur sur 1 699 507 dans le privé en 2025 (17,2 %) ; 257 354 sur 1 545 641 en 2019 (16,7 %) ; le maximum du secteur est atteint en 2023 (328 378). Ce sont des nombres de démissions, non des taux rapportés aux effectifs, et la DARES prévient que ces séries peuvent être révisées. ↩
  8. ¹⁷² Society for Human Resource Management (SHRM), estimation du coût de remplacement d'un salarié, rapportée dans Regina Dyerly, « The Myth of Replaceability: Preparing for the Loss of Key Employees », SHRM Executive Network, 21 janvier 2025. Estimation générale, modulée selon le niveau du poste, non propre à l'hôtellerie. ↩
  9. ¹⁷³ Arrêté du 21 mai 2025 fixant la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement en application de l'article L. 414-13 du CESEDA, NOR TSSD2508346A, Journal officiel n° 0119 du 22 mai 2025, annexes I et II. Selon l'annexe II, les « employés de l'hôtellerie » (FAP S2Z60) regroupent le personnel d'étage, le personnel polyvalent d'hôtellerie, le personnel du hall et la réception. Texte cité à titre d'information économique, non comme avis juridique. ↩
  10. ¹⁷⁴ Léo Moquay et Justine Obser, « À l'été 2022, des effectifs et des difficultés de recrutement inédits dans l'hébergement-restauration », Dares Focus n° 61, novembre 2023, graphique 3 (calculs sur déclarations sociales nominatives). Champ : salariés du secteur privé, France hors Mayotte, hébergement et restauration confondus ; les non-salariés n'y figurent pas. La restauration représente environ les trois quarts des effectifs (1 255 821 sur 1 654 564 en juillet 2022, données de la même publication). ↩
  11. ¹⁷⁵ INSEE, enquête trimestrielle de conjoncture dans les services, part des entreprises de l'hébergement-restauration déclarant des difficultés de recrutement (série 001583497, mise à jour du 23 juillet 2026) ; Léo Moquay et Justine Obser, « À l'été 2022, des effectifs et des difficultés de recrutement inédits dans l'hébergement-restauration », Dares Focus n° 61, novembre 2023, graphique 1 (comparaison avec l'ensemble des services) ; France Travail, Enquête Besoins en Main-d'Œuvre 2026, 21 avril 2026. La série INSEE est brute, non corrigée des variations saisonnières, donc volatile d'un trimestre à l'autre ; la DARES y lit 73,8 % au 4ᵉ trimestre 2022, qu'elle arrondit à 75 % dans son texte : ce n'est pas une mesure distincte. L'enquête BMO mesure une difficulté anticipée par l'employeur, non constatée. ↩
  12. ¹⁷⁶ DARES, La situation sur le marché du travail au 2ᵉ trimestre 2026, 3 septembre 2026, graphique 3.1 (INSEE, enquêtes trimestrielles de conjoncture, réponses de début de trimestre, données corrigées des variations saisonnières ; champ : France métropolitaine). ↩
  13. ¹⁷⁷ France Travail, Enquête Besoins en Main-d'Œuvre 2026, base de données ouverte, 21 avril 2026 (collecte d'octobre à décembre 2025, nomenclature FAP 2021). Calcul Dalmagne Performance : agrégation des huit métiers de l'hôtellerie-restauration. L'enquête mesure des intentions d'embauche déclarées, non des postes vacants ni des embauches réalisées. Le chiffre de « plus de 50 % de turnover » parfois cité relève d'un témoignage sur la restauration (cabinet Leaderia, Les Échos, 27 septembre 2025), non d'une mesure statistique. ↩
  14. ʰ Eurostat, « Job vacancy rate by NACE Rev. 2 activity - annual data », série jvs_a_rate_r2 (taux d'emplois vacants, données annuelles). Deux autres grandeurs circulent et ne se comparent ni entre elles ni à ce taux : un stock d'environ 63 000 emplois vacants au troisième trimestre 2024 (ministère de l'Économie, cité par David Savary, « Le secteur de l'hôtellerie plus que jamais confronté au défi du recrutement », L'Écho touristique, 27 janvier 2025) et un besoin annuel d'environ 200 000 postes, estimé par l'UMIH à partir des départs et du besoin de saisonniers, non dénombré (UMIH, 2024 et 2025). Le chiffre de 400 000 postes repris par une partie de la presse ne se rattache à aucune source sectorielle que nous ayons pu identifier, et n'est pas retenu. ↩
  15. ⁱ Pascale Carbillet, « Loger son personnel saisonnier : les règles à respecter », L'Hôtellerie-Restauration, 12 février 2020 ; Florence Mehrez (ActuEL RH), « L'employeur doit-il fournir un logement aux travailleurs saisonniers ? », NetPME, s. d. Analyses professionnelles rapportées comme telles : ce document ne constitue pas un conseil juridique. ↩

Publication

Publié le 15 octobre 2026 par Cédric Dallemagne, Associé fondateur, Dalmagne Performance, et Guest Lecturer, Les Roches Global Hospitality Education. Données arrêtées au 30 septembre 2026.

Remerciements : Taran Patel (Les Roches), Laurent Bonnet (Valther), Lloyd Smith (SteadiLev).